Les intellectuels en Suisse au 20e siècle – Intellektuelle in der Schweiz im 20. Jahrhundert
Traverse 2010/2
Traverse. Zeitschrift für Geschichte – Revue d’histoire (ISSN 1420-4355), Band 2010
Broschur
2010. 192 Seiten, 7 Abbildungen s/w.
ISBN 978-3-905315-50-9
CHF 28.00 / EUR 18.80 
  • Kurztext
  • Autor/in
  • Einblick
  • Buchreihe
  • Service
Depuis une quinzaine d’années, les recherches sur l’histoire des intellectuels se sont multipliées en Suisse, sous l’impulsion surtout de l’historiographie française. Celle-ci a développé l’étude des milieux intellectuels par deux approches principales. L’une est issue de l’histoire politique, qui privilégie l’analyse de l’engagement des intellectuels dans la société, soit par l’examen d’itinéraires bio­graphiques singuliers, soit en se fondant sur l’étude des manifestes, pétitions et autres répertoires d’action médiatiques. Inspirée des analyses de Pierre Bourdieu sur le champ culturel, la seconde approche est plutôt socio-culturelle et s’attache à l’étude des supports d’expression des intellectuels (livre et édition, revues, presse et médias audiovisuels…) et des sociabilités internes du milieu intellectuel, tout en les mettant en relation avec le champ du pouvoir, tant politique, qu’économique ou médiatique.
Ce numéro thématique propose des études inspirées des deux approches présentées ci-dessus en s’appuyant sur l’analyse de parcours intellectuels singuliers ou de groupes/réseaux d’intellectuels, et permet de mieux percevoir les formes spécifiques de l’engagement des intellectuels en Suisse. Les structures fédérales, le multilinguisme, les pesanteurs cantonales, les possibilités offertes par la démocratie directe, l’attraction centripète exercée par les grandes capitales européennes, une forme d’esprit démocratique parfois niveleur, mais aussi, dès 1959, le consensus mou lié à la formule magique: autant d’éléments qui ont en effet contraint les intellectuels suisses à s’inventer des postures et des pratiques propres d’engagement dans le vie de la Cité, qui diffèrent de celles du modèle français canonique de l’intellectuel «dreyfusard», comme le soulignent les parcours d’Ernest Bovet, de Walter Matthias Diggelmann, de Wilhelm Röpke ou de Max Frisch pour citer une série d’intellectuels qui sont au centre des contributions de ce numéro.
D’autre part, l’approche socio-culturelle permet de présenter les contours les plus prégnants du champ culturel dans lequel évoluent les intellectuels helvétiques. Une partie des articles réfléchit donc sur les conditions de possibilité d’existence des intellectuels en Suisse au cours du 20e siècle, dans divers contextes, en prenant en compte notamment les mutations du champ médiatique (apparition de la radio, de la télévision…) et en analysant l’évolution de leur statut socio-professionnel, de leur production culturelle et de leur résonance sociale.
En combinant les apports méthodologiques de ces deux approches, socio-politique et socio-culturelle, et en étant attentif à comparer les situations et postures des intellectuels dans les sous-champs alémanique et romand en particulier, on devrait mieux parvenir à comprendre comment se définit en Suisse la figure de l’intellectuel, étant entendu que ses contours se définissent par une relation consubstantielle entre les idées qu’il exprime et les milieux qu’il fréquente ou dans lesquels il agit.
Artikel
  • Porträt / Portrait
  • Groupe de recherche en histoire intellectuelle contemporaine (GRHIC). Entretien avec le professeur François Vallotton (Université de Lausanne)
  • Schwerpunkt / Dossier thématique
  • L’intellectuel suisse entre expertise et critique – Der Schweizer Intellektuelle zwischen Expertise und Kritik
  • Wilhelm Röpke et la Suisse. La dimension helvétique d’un parcours transnational
  • Eugène Pittard, un savant contre les intellectuels? Sur certaines limites du concept d’intellectuel
  • Les attachés culturels. Des intellectuels à la croisée des chemins
  • Walter Matthias Diggelmann. Ein Linksintellektueller in der öffentlichen Kultur der Schweiz zwischen 1960 und 1980
  • Plädoyer für das Denken. Der resonanzstarke Abtritt des Intellektuellen Max Frisch von der (politischen) Bühne 1989
  • Edmond Gilliard lu par ses «adeptes». Une réception multiple
  • Ernest Bovet, la Société des Nations et l’idée d’Europe unie, 1914–1923
  • Zum Gedenken / In Memoriam
  • Jean-François Bergier, 1931–2009
  • Bruno Fritzsche, 1935–2009
  • Der Artikel / L'article
  • Fotografie als Spur. Meditationen über Trauer und Tod bei Roland Barthes
  • Debatte / Débat
  • Geschichte, Politik und die «Verengung» des Diskurses. Eine Replik
  • Dokument/Document
  • L’affiche suisse, une source au service de l’historien?

Einzelheft CHF 28 / EUR 24
Jahresabonnement CHF 75 / EUR 60
Abo für Studierende CHF 54 (nur in der Schweiz)

Die zweisprachige Zeitschrift versteht sich als Forum der Geschichtsforschenden in der Schweiz mit einem Horizont, der über Landes- und Fachgrenzen hinausreicht. «Traverse» ist sowohl eine historische Fachzeitschrift als auch ein Organ, das einem interessierten Publikum Einblick in aktuelle historische Forschung gib und deren Beitrag zu gesellschaftlich relevanten Fragen diskutiert. Zudem versteht sich die Zeitschrift auch als Publikationsorgan für jüngere Forschende.

Cette revue bilingue se définit comme un forum pour les historiennes et historiens suisses et s’efforce de dépasser les frontières nationales et entre les disciplines. «Traverse» est non seulement une revue d’histoire mais aussi un organe qui offre à tout public intéressé une entrée dans la recherche historique récente et apporte sa contribution à des débats de société. La revue favorise en particulier la publication de jeunes chercheuses et chercheurs.